Après la menace des pelleteuses, le renouveau de Sainte-Rita

Ce dimanche, la célèbre bénédiction des animaux aura de nouveau lieu.

Procédure d’expulsion, accès de l’église murés, résistance des ouailles avec l’occupation de l’édifice nuit et jour et messe dominicale célébrée sur le trottoir face aux RG…

Après des rebondissements d’une singulière théâtralité depuis la menace de sa démolition en 2012, le sort de Sainte-Rita connaît encore de drôles de développements.
La petite église du XV  arrondissement de Paris, paroisse de quartier vivante où les fidèles accourent du monde entier pour prier la patronne des causes désespérées et assister à la célèbre bénédiction des animaux, n’est toujours pas sauvée des pelleteuses du promoteur qui a signé une promesse de vente à 3,3 millions d’euros pour y faire logements sociaux et parking.

Mais alors que sa mort était scellée, aujourd’hui le culte revit sous ses voûtes et plusieurs projets de rachat pour sauver son architecture néogothique 1900 – non classée – existent.

Mobilisés depuis des années, les riverains exultent : le 22 mai, jour de la Sainte-Rita, la bénédiction des animaux aura de nouveau lieu. « On est très heureux de retrouver cette tradition », s’enthousiasme Jean-Claude, un habitant du quartier, même si l’exubérance des dromadaires, singes, zèbres et autres animaux exotiques, qui venaient jusqu’alors n’est cette fois pas requise. Une cérémonie plus sobre, où seuls les animaux domestiques seront bénis. Désormais aussi, la messe dominicale est réinstituée. En latin. Car, dans un étonnant jeu de bonneteau et après « une révolution de palais » au sein de l’Église catholique gallicane de Paris qui régnait sur les lieux, la paroisse est aujourd’hui aux mains des catholiques traditionalistes.
C’est l’abbé Guillaume de Tanoüarn qui administre le culte et fait revivre cette paroisse populaire.
Issu de la Fraternité sacerdotale SaintPie-X et ancien vicaire de Saint-Nicolas du Chardonnet avant de rejoindre la pleine communion avec Rome en 2006, ce prêtre a cofondé l’Institut du BonPasteur à la demande du pape Benoît XVI et dirige aujourd’hui le Centre Saint Paul.

Depuis qu’il est en place, dans les interstices laissés par le flou judiciaire du « dossier Sainte-Rita », la vocation des lieux reprend ses droits : « quatre baptêmes ont été célébrés à la Pentecôte et deux à Pâques », se réjouit-il. « C’est pas demain qu’on va démolir l’église !», promet un soutien de la première heure.

Plusieurs Églises orthodoxes intéressées

L’expulsion prononcée par la justice il y a quelques mois n’a jamais été effective car, le préfet ne l’ayant pas ordonnée dans le délai imparti de trois mois, la procédure s’est éteinte d’elle-même. Et puis les lignes semblent bouger du côté du promoteur qui pourrait, contre 5 millions d’euros et non plus 3,3 millions, céder l’édificequ’il a acheté à une association cultuelle belge. Selon nos informations, plusieurs Églises orthodoxes ont fait connaître leur intérêt pour acquérir Sainte-Rita : les Géorgiens, le patriarcat de Moscou, les orthodoxes grecs et libanais, mais aussi un promoteur immobilier qui, avec un architecte de renom, envisagerait un édifice végétalisé…

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